17 avril 2007
Quand Marianne pète les plombs….
Marianne, hebdomadaire bayrouiste « ni de droite ni de gauche », emboîtant le ton à Le Pen et ses attaques xénophobes sur les origines hongroises du candidat UMP, sous couvert du « bayrouisme » militant de son directeur, veut-elle faire concurrence à Gringoire et à l’Action française des années trente ? Et transformer demain Nicolas Sarkozy en Roger Salengro * ? Le fumet nauséabond qui émane cette semaine de « Marianne » et cette odeur de haine rappellent les diatribes odieuses et surtout stupides qui ont accompagnées sous la V° République le général de Gaulle, accusé de vouloir instaurer la dictature en 1958, puis en 1962 avec le référendum sur l’élection présidentielle au suffrage universel, et encore pendant Mai 68, puis Giscard d’Estaing calomnié sur les fameux – et fumeux – « diamants de Bokassa » en 1981, sans parler naturellement de « facho Chirac » vilipendé jusqu’il y a peu à toutes les échéances électorales, premier tour de 2002 inclus, avec le célèbre « super menteur » des guignols de canal plus…
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30 mars 2007
Que fait la police ?
Apparemment, son boulot. En arrêtant un clandestin chinois devant une école du 19ème arrondissement, un resquilleur « rebelle » à la gare du Nord.
Quoi de plus normal pour la police et les forces de l’ordre en général que de faire appliquer la Loi ? Ce serait même, que l’on sache, leur mission.
Où est le problème ? Au nom de quoi les « belles âmes » viennent elles en renfort des « racailles » qui contestent l’action de la police ? Serions nous, sans nous en apercevoir devenu un Etat policier, un pays fasciste livré à l’arbitraire de la brutalité d’une force publique illégitime, mais encouragée et impunie dans ses exactions ?
Pas du tout, comme chaque français peut s’en apercevoir quotidiennement. La police est républicaine et respectueuse des procédures, même des plus complexes. Chacun a droit à un avocat, un jugement indépendant au cours duquel il peut s’expliquer, des possibilités de recours, parfois même innombrables voire presque « abusives ».
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24 mars 2007
La République n’est pas qu’un numéro…
Changer de république, ce n’est pas retaper vaguement les institutions de la 5ème république, qui possède aujourd’hui beaucoup de défauts, mais dont on ne peut nier la grande souplesse et l’importante adaptabilité, qui de l’élection de son président au suffrage universel direct à l’établissement du quinquennat et au calage de facto de des rythmes législatifs et présidentiels sur le même tempo a beaucoup évolué depuis la mouture initiale du 4 octobre 1958.
Changer de république, c’est procéder à des réformes de fonds qui tentent d’apporter une solution institutionnelle aux maux politiques dont souffre la France du début du 21ème siècle.
Quels sont-ils ? D’abord une incapacité à dialoguer entre les parties prenantes de la vie publique, qui en pays gaulois préfèrent toujours les promesses de guerre civile au compromis, sans fort heureusement jamais mettre leurs menaces à exécution. Cet autisme politique, dont on connaît les origines, mais dont il ne convient pas de discuter ici explique pour partie le succès actuel d’un Bayrou qui promet de réconcilier les deux France en guerre des mots perpétuelle, sans hélas avoir les moyens d’y parvenir.
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23 mars 2007
Les "Gracques" ont raison.
La gauche est devenue minoritaire et le restera sans doute longtemps. Une coalition avec le PS, le PC et les verts ne
pourra sans doute plus obtenir de majorité. Et l’UMP ne pourra sans doute pas gouverner seule plus de deux législatures.
La coalition d’alternance sera donc une coalition PS – centristes.
Bien entendu ce n’est pas pour demain matin, n’en déplaise à Bayrou, et sans doute lui-même n’en fera-t-il d’ailleurs jamais partie, car il faudra du temps et des convulsions au PS pour faire le chemin qui lui reste à parcourir avant de faire son « coming out » social démocrate et de renier son discours et sa pratique électorale de « rupture », le discours qui a permis aux socialistes de conquérir le pouvoir avec François Mitterrand et… avec les communistes.
Ce temps là est bel et bien révolu.
Les « Gracques », ces hauts fonctionnaires proches des socialistes font le bon raisonnement.
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Naissance et mort du « bayrouisme ».
Depuis qu’il a réussi – provisoirement espérons le – à passer la barre des 20% dans les sondages de cette élection,Bayrou ne se sent plus. Il fait partout, et ça finit par sentir un peu fort !![]()
On le voit donneur de leçons comme jamais, distribuant des postes à ceux qui ne lui ont jamais rien réclamé, émettant des avis fielleux sur ses anciens compagnons de l’UDF, en prétendant incarner le renouveau de la politique, ou en imprécateur du « peuple » qu’il est seul à voir « se lever pour imposer » le « bayrouisme » à une France qui se donne.
Bouffi d’orgueil, le cacique centriste qui aimait déjà poser dans des postures professorales, (coude droit en avant posé sur son pupitre, doigt pointé vers son auditoire) lorsqu’il roulait à 7%, voit petit à petit son masque se lézarder, son maquillage couler et laisser apparaître le modeste Rastignac de province, aigri dans ses jugements à l’emporte pièce, trop sûr de lui dans ses fausses inspirations messianiques, trop Cassandre aussi sur ses analyses soudainement apocalyptiques sur l’état de la France, si elle ne se livre pas immédiatement à son sauveur béarnais, assez ridicule pour oser même la comparaison à demi mots avec de Gaulle lorsqu’il annonce tranquillement, mais en étant le seul à frissonner, que l’état du pays est pire que ce qu’il était en 1958, quand l’homme du 18 juin – excusez du peu – a ramassé la quatrième république dans le ruisseau du bourbier algérien.
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21 mars 2007
La vraie question électorale est : Sarkozy est-il dangereux ?
C’est ce que beaucoup font semblant de croire. Sarkozy = Belzébuth, tel est le message à peine subliminal que certains médias relayant beaucoup de politiques en perte de vitesse tentent de faire passer.
Pour exister encore, certains à gauche, faute de soulever l’enthousiasme ou même simplement l’adhésion, jouent la carte de la répulsion. Cela peut être efficace. Il a fallu diaboliser Nicolas Sarkozy en instrumentalisant sa fonction de ministre efficace de l’intérieur, et son parler franc, notamment lorsqu’il s’est intéressé à la sécurité dans les banlieues les plus pourries de l’hexagone, où les politiques de gauche, par angélisme – « naïveté » avait avoué Jospin en 2002 – et surtout par idéologie, avaient renoncé à assurer la sécurité des plus pauvres de nos concitoyens.
Ils ont utilisé une équation de la pensée unique : « parler sécurité dans les banlieues = stigmatiser les immigrés = être raciste ». C’est con, c’est simple, mais ca marche.
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Campagne officielle : haro sur Sarko !
L’imbécillité de l’égalité des temps de parole et d’exposition des 12 candidats revient à condamner celui que les sondages placent en tête du premier tour à être la cible des 11 autres.
Faute pour les uns ou les autres d’avoir de vrais programmes convaincants ou simplement crédibles, ils vont trouver le plus petit dénominateur commun de leurs campagnes respectives : haro sur Sarko !
Nous allons donc assister, à chaque initiative même infime du candidat de l’UMP, à un tir en convergence de tous les autres candidats, obligeamment – et même, obligatoirement – relayés par des médias tenus par le Loi de donner aux candidats lilliputiens la même exposition que les candidats « crédibles ».
Cette Loi est idiote, beaucoup en conviennent.
Elle deviendra par ce fait presque injuste.
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17 mars 2007
Faisons-nous peur : quel avenir pour Bayrou (2) ?
Pour suivre ce post, il est préférable de lire le précédent, il s'agit d'une suite....
Hypothèse n° 2 : il est absent du second tour….
Tout porte à croire qu’il s’est délibérément placé dans cette perspective pour monnayer son soutien à Ségolène Royal. La « facture » sera salée, et sans doute dure à avaler pour les socialistes, mais ils n’auront pas d’autre choix s’ils veulent faire gagner leur candidate, la réserve de voix nous le savons, étant insuffisante à gauche pour suffire à apporter la victoire à la candidate socialiste.
Il est d’ailleurs presque acquis que certains éléphants tenteront de torpiller cet appel au soutien de Bayrou, les plaies des primaires du PS étant loin d’être refermées, un échec de Ségolène rendant plus facile la reprise en main de ce qui restera du parti après les élections….Néanmoins il semble plausible que Ségolène Royal cherchera le soutien de Bayrou pour le second tour. Celui-ci fera payer cher une consigne de report de vote, plus encore un engagement dans la campagne du second tour, demandant des gages programmatiques qui feront hurler la gauche du PS, et accélèreront la décomposition du vieux parti d’Epinay, qui dans toutes les hypothèses vit en 2007 ses derniers moments ! En revanche, même dans cette hypothèse l’extrême gauche, certes sans enthousiasme, appellera ses électeurs à se reporter sur Ségolène Royal au second tour, par simple anti sarkozisme.
En tout état de cause on voit mal Bayrou appeler à voter Nicolas Sarkozy, même si une majorité de son électorat du premier tour vient de la droite et y retournera au second. Il serait alors dans une telle contradiction avec la stratégie qu’il a menée depuis deux ans qu’il aurait du mal à survivre politiquement à un agenouillement devant Nicolas Sarkozy…
Comme d’habitude ce sera Le Pen, qui en appelant à voter pour le candidat issu de l’UMP, aidera le temps des deux semaines de l’entre deux tours seulement, la gauche à resserrer les rangs et à faire taire les anti-ségolistes qui profiteront cependant certainement de cette quinzaine pour aiguiser leurs couteaux en attendant l’échec de la « gazelle », qu’ils n’auront soutenu que de très loin…
Au total la lutte sera serrée, les électeurs de Bayrou n’étant pas tous prêts on l’a dit, à voter pour la gauche, même affadie par les quelques bémols programmatiques que leur candidat du premier tour aura réussi à leur faire lâcher. Dans cette hypothèse il est difficile de faire un pronostic sûr. Pour l’instant nous pencherons plutôt pour une victoire de Nicolas Sarkozy, mais avec une très faible avance sur son adversaire devenue socialo-centriste.
Cette marge faible aurait sans doute pour conséquence d’empêcher Nicolas Sarkozy d’entamer des réformes profondes, la « grâce » de l’élection étant proportionnelle à la marge du candidat victorieux….
Bien entendu dans ce cas la préparation des législatives ressemblerait à un remake hard de « règlements de comptes à OK corral » ou à une version plus gore de « massacre à la tronçonneuse »! Les députés UDF devant faire face à un appareil UMP qui leur tirerait dessus à obus explosifs, tandis que les socialistes, leurs nouveaux « alliés » de la veille, se feraient beaucoup prier pour venir vraiment à leur secours ! Ce « troisième tour » serait sans doute très favorable à l’UMP qui pourrait hériter d’une chambre introuvable, redonnant ainsi un peu de champ au président Sarkozy pour entamer des réformes salvatrices. Bien entendu les élus UDF ne pourraient tous retourner leur veste aussi facilement, et pourraient alors tenter d’occire Bayrou avant les législatives, pour maintenir leur alliance naturelle avec une UMP qui n’aura sans doute pas la force d’âme de se montrer très généreuse dans la victoire ! Mais une chambre « introuvable » n’est paradoxalement pas forcément un atout pour gouverner, souvenons nous de celle de 1993…
Cela nous promet en tous cas de passionnants événements politiques et une vraie redistribution des cartes à court terme. Finalement Bayrou, première victime – il l’aura bien cherché, dira-t-on alors de toute part – aura bien réussi à « casser » réellement le paysage politique français tel qu’on le connaît depuis 1981. D’autant que le parti socialiste ressemblera au champ de bataille de Verdun, chacun s’étripant à la baïonnette jusqu’à implosion définitive du parti d’Epinay, déjà à bout de souffle sans cette hypothèse !
De ce carnage à gauche, il est difficile de prédire ce qui sortira avant sans doute plusieurs années….
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Faisons-nous peur : quel avenir pour Bayrou ? Une fiction politique en deux hypothèses et quatre possibilités.
Hypothèse n°1 : il est présent au second tour….
Il a alors toutes les chances d’être élu. Deux cas peuvent se présenter. Comme il le dirait lui-même, soit il est opposé à Nicolas Sarkozy, soit il est opposé à Ségolène Royal.
Si son adversaire est Nicolas Sarkozy, il pourrait faire un très joli score, proche des 60%, car il catalyserait alors tous les votes anti Sarko venant d’une gauche socialiste en état de pré-implosion, après une deuxième déroute présidentielle. Il joue d’ailleurs prioritairement ce cas de figure, si sa présence au second tour est effective. Il a donné des gages à la gauche depuis deux ans : critique acerbe de l’UMP, refus de voter le budget, vote de la censure avec l’opposition, clins d’œil très appuyés à gauche lors de la campagne du premier tour.
Beaucoup de supporters déçus de Ségolène Royal reporteraient leurs suffrages sur lui, d’autant qu’il est probable que pas mal des partisans de Royal au premier tour, sentant la bonne odeur de la soupe centriste, appelleraient à le soutenir, ce que Ségolène Royal finirait sans doute par faire également, plutôt du bout de ses lèvres naturellement pincées d’ailleurs.
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11 mars 2007
Raison garder.
La progression quasi géométrique de Bayrou dans les sondages depuis la mi-janvier est « le » phénomène marquant de la campagne électorale. Il convient de l’analyser objectivement, sans oublier un peu d’humour.
Commençons par là : Bayrou a multiplié par quatre son potentiel électoral en 45 jours (6% fin janvier, 24% mi-mars). Il reste 45 jours de campagne avant le premier tour, et l’on peut raisonnablement penser que son ascension sondagière va se calmer, à moins d’imaginer qu’il ne recueille 100% des suffrages, si la courbe (revenue d’ailleurs sur une progression arithmétique) se poursuit jusqu’à fin avril….
Cela devrait suffire à calmer les angoisses des partisans de Ségolène Royal comme ceux de Nicolas Sarkozy !
Plus sérieusement, Bayrou profite d’une conjoncture favorable sur plusieurs domaines dans cette campagne. D’abord l’intérêt des français pour la compétition électorale : il est bien supérieur à ce qu’il a été en 2002, et les projections sur les abstentionnistes montrent que plus de 80% du corps électoral se prépare à voter en avril. Cet afflux d’intérêt et d’électeurs « nouveaux », séduits à la fois par l’offre rajeunie de ce scrutin – deux candidats, et non des moindres, Royal et Sarkozy le sont pour la première fois – et par le sentiment confus que le choix de 2007 est essentiel pour l’avenir de la France, dont beaucoup sentent qu’elle est à un tournant historique. C’est là que l’on devient plus sérieux.
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