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15 mai 2008

Pour la révolution fiscale.

3ac46390a97d2687221d7bc3473be2fc.jpg« Demander plus à l’impôt et moins au contribuable ». Le vieux slogan radical-démago des années trente est toujours aussi vivace ! Et les électeurs semblent toujours penser que notre Etat obèse, notre Etat « Mamma » peut toujours faire plus tout en réclamant de moins en moins d’efforts.  La gauche toutes tendances confondues donne le « la » de ce concert de démagogie fiscale, à la fois en s’arcboutant sur des avantages acquis débilitants et coûteux, et en continuant à demander toujours un peu plus, à condition naturellement de « faire payer les riches »…


Les doubles vertus de l’impôt direct.

L’impôt direct sur les revenus (1), aussi appelé IRPP (impôt sur le revenu des personnes physiques), progressif et universel a deux vertus républicaines qu’il conviendrait de remettre en avant.

D’abord il remplit sa fonction d’alimentation du budget de l’Etat, tout en assurant une certaine justice fiscale, dont une fonction de « redistribution », et surtout il permet – lorsqu’il est universel – de responsabiliser le citoyen, et partant, l’électeur.

Pratique et responsable, c’est sans doute trop de qualités. C’est bien cependant vers ces notions simples qu’il conviendrait de revenir. Aujourd’hui, près de la moitié des foyers fiscaux français ne paient pas l’impôt sur le revenu (2). Cette situation est anormale, et tend à déresponsabiliser un français sur deux. Il est en outre une évidence économique, quoique terriblement politiquement incorrect, de rajouter que cette moitié de français est aussi celle qui suscite le plus de dépenses sociales. C’est bien entendu le fruit d’une politique, et non celui du hasard (j’écris cela pour les bonnes âmes qui penseraient me le faire inutilement remarquer).

C’est justement cette politique qui montre depuis des années ses limites.

Un impôt sans masque.

L’avantage de l’IRPP sur toutes les autres formes de prélèvement, y compris la CSG, c’est que c’est pratiquement le seul impôt qui avance sans masque. Celui qui le paie a déclaré ses revenus, et reçoit directement sa facture, qu’il paye de ses deniers disponibles. Le citoyen imposable a ainsi l’incommensurable plaisir de mesurer à quelle aune il contribue au bon fonctionnement de l’Etat. Certes la TVA, la CSG, la TIPP rapportent plus que l’IRPP (je ne parle même pas de l’ISF), mais leur aspect indirect, ou prélevé à la source les rend partiellement indolores, et donc enlèvent à l’impôt cet aspect fortifiant que représente pour un citoyen conscient de ses responsabilités la contribution directe.

Un impôt universel.

Au moment où le gouvernement envisage courageusement, pour ne pas dire témérairement, de s’attaquer aux « niches fiscales », il faut l’encourager dans cette voie, et même l’encourager à aller plus loin, en permettant à tous les foyers fiscaux de participer au financement des budgets de l’Etat par le paiement d’une contribution directe. Pour l’exemple, pour redonner aux malheureux qui sont exempts de cotisation le respect d’eux-mêmes.

Cette contribution pourra être symbolique, sans toutefois tomber dans le ridicule. On peut penser qu’un impôt minimal de 75 euros (3) par foyer fiscal permettra à chacun de mesurer que le financement de l’Etat passe par sa personnelle et directe contribution.

Même les RMIstes !

J’en frémis d’avance en le disant (horresco referens), mais il me semble que cette contribution doit toucher chaque français, y compris les revenus les plus faibles, y compris les RMIstes, par exemple, qui reçoivent tant sans (presque) jamais rien donner en retour. Financer symboliquement son propre assistanat peut sembler une mesure absurde, mais en fait elle ne ferait que responsabiliser celui qui se trouve dans une situation difficile, et lui rendrait la vie plus aisée en lui redonnant la fierté de contribuer à la marche de l’Etat. Droits et devoirs enfin réunis, et communiant ensemble.

Pour achever la révolution, il semble aussi nécessaire d’intensifier la chasse aux fraudes et aux fraudeurs, sans oublier de les matraquer durement lorsqu’ils sont pris les doigts dans le pot de confiture.


1 - L’IRPP représente environ 58 milliards € de recette, soit environ 17,5% des recettes de l’Etat.

2 - Dernier pays au sein de l’OCDE pour le pourcentage de foyers imposables, la France a le triste record de 48% de foyers exempts de cotisations IRPP.

3 - Ce montant n’est pas avancé au hasard : il correspond approximativement à la somme qui rend le prélèvement rentable pour l’administration fiscale, en attendant que cette dernière progresse encore en rendement.

14:20 Publié dans Actualité , Débat 2008 , Humeur , Hypocrisie politique , politique 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : niches fiscales, fiscalité, actualités, actualité, impots, politique, sarkozy

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