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27 avril 2008
Sans papier travailleurs.
Un article du « Monde » présente des portraits de sans papiers travailleurs. Courageux, généreux, de biens braves gens…. Il y a dans cet article deux choses qui devraient irriter profondément : la méthode médiatique du « portrait » qui développe sans l’énoncer un raisonnement inductif (passer du particulier au général), et le fond, qui tend à dénoncer la Loi de la République, lorsqu’elle applique sa rigueur à des « gens sympathiques ».
La méthode : L’induction, la « raison » de l’émotion.
Les « micros trottoirs » sont généralement dénoncés comme étant des artifices pour détourner la réalité en focalisant sur des opinions prises sans considération statistique, et que l’on présente comme « l’opinion générale ». Les portraits de « victimes » dans les gazettes sont à l’écrit ce que le micro trottoir ou les émissions poubelles du type « parole aux auditeurs » sont à la presse audio-visuelle : la négation de l’information médiatisée, c'est-à-dire analysée, commentée, expliquée, rationalisée, bref, l’information avec une vraie plus value journalistique.
Cet usage des « portraits », dont le « Le Monde » use et abuse de plus en plus est une méthode des plus contestables : on ne tire pas une Loi générale d’un cas particulier, sans développer des idées, des thèses à partir de ces « morceaux de vie » dont on peut se demander à quels contrôles et à quels recoupements ils sont soumis. « Le Monde » devient la négation de ce qu’il a été : un quotidien ou la réflexion, la raison, la méthode déductive, sans être oublieux d’opinions bien tranchées, permettaient la conviction, basée sur un raisonnement, pas sur une dégoulinade de bons sentiments, tirés de portraits « édifiants », plus ou moins bien recoupés. Dans ces articles en général, il n’y a aucune finesse d’analyse, le journaliste oubliant tout esprit critique sur les « faits » qu’il relate. Les guillemets sont là pour indiquer que les portraits qui ne font l’objet d’aucune enquête approfondie sur les dires des sujets sont à la limite du journalisme sérieux.
Le fond : un sans papier qui travaille doit-il être exonéré des rigueurs de la Loi ?
Cette idée que la Loi ne doit pas s’appliquer à des « gens sympathiques », aux « petites gens » lorsqu’elle les empêche de vivre selon leurs principes est lourde de conséquence. La porte de ces idées pernicieuses pour la démocratie et la République s’est ouverte en France à deux reprises : sous le gouvernement de Vichy, ou la Loi était détournée de l’intérêt général parce qu’au service d’une clique opposée aux principes républicains, et avec… François Mitterrand, qui a pu dénoncer la « force injuste » de la Loi pour gagner un combat politique démocratique.
Les sans papier travailleurs ont mentis à leurs employeurs, ils ont procuré des faux papiers, ils ont triché lourdement avec la Loi. Leurs patrons ont fermé les yeux avec une grande facilité, s’ils n’ont pas voulu dans certains exploiter la précarité de leurs employés illégaux, prêts par définition à accepter des conditions de travail difficiles. Les clandestins faussaires (c’est bien comme cela qu’il faut les appeler) contribuent à entretenir un chômage de masse en France, à interdire l’orientation des politiques de l’emploi. En outre leur régularisation augmenterait une immigration familiale, qui deviendrait alors un droit opposable, celle-là même que les français ont rejeté lors de la dernière grande consultation démocratique lors de la présidentielle. Ce sont des hors la Loi, qui demeurent expulsables au terme des Loi démocratiquement adoptées. Ils doivent donc subir les rigueurs de la Loi, qui d’ailleurs intègre des conditions particulières de régularisation dans certains cas, certes rares, mais existants. Ils sont sans doute « sympathiques » dans la présentation qu’ils donnent de leur parcours, on peut les comprendre, mais on de doit pas céder au chantage illégal qu’encouragent les journalistes et les « associations », cette nébuleuse militante qui fait l’opinion sur une base ultra minoritaire. L’intérêt général n’est sans doute pas de céder au chantage. Il faut le dire, il faut assumer les injures qui ne manqueront pas de venir de la bouche des militants qui les soutiennent, et qui avancent souvent des principes républicains que leur attitude même contredit à chaque phrase.
A cet égard, le président de la République a dit des vérités saines : priorité à l’application de la Loi. Elle est juste.
Esprit critique, où es-tu ?Loin de moi l’idée qu’il faut interdire l’immigration : la France en a besoin, c’est son intérêt général, c’est un impératif économique pour l’avenir, et c’est en plus sa tradition. Mais pas n’importe comment, pas au petit bonheur la chance, et en tous cas comme cela. La rue, l’émotion ne font pas une politique, c’est l’intérêt général qui doit prévaloir, pour eux comme pour tous les français ou les résidents étrangers en France. Et l’immigration dont la France a besoin est maintenant une immigration de travail, plus une immigration de regroupement familial.
En outre, l’esprit critique des journalistes du « Monde », habituellement si acéré lorsqu’il s’agit de critiquer la droite s’envole dès lors qu’il importe d’approfondir le problème :
- falsifier des documents devient une « bonne blague » ou une nécessité que justifie la situation,
- des fonctionnaires qui ne contrôlent rien, malgré les textes qui s’imposent à eux, ce n’est pas grave, nos fonctionnaires sont si nécessaires et si professionnels,
- en plus tant pis pour ceux qui cherchent un travail et n’en trouvent pas par la pusillanimité entretenue par ces manœuvres illégales.
Des mêmes faits, on peut tirer des conclusions radicalement contraires à celles du « Monde » dans son article pour « cœurs saignants », comme disent les anglo-saxons.
L’immigration est un impératif pour la France, mais cet impératif ne doit en aucun cas s’appuyer sur une anarchie. Il faut des règles, claires, simples, fortes, utiles pour le pays, pas seulement utiles pour la cause de ceux qui rêvent d’un avenir meilleur au détriment des pays d’accueil. Une immigration choisie intelligemment, ouverte, accueillante, organisée, qui permette une intégration rapide des nouveaux arrivants : c’est leurs droits que l’on bafoue lorsqu’on lutte pour ces causes injustes, comme on bafoue l’intérêt des français et de la France en niant la Loi de la République.
21:16 Publié dans Actualité , Débat 2008 , Humeur , Hypocrisie politique , politique 2008 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, royal, démocratie, débats, actualité
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