« Sans papier travailleurs. | Page d'accueil | Où est la vérité sur le « paquet fiscal » ? »
27 avril 2008
Prime pour l’emploi et revenu de solidarité active : on marche sur la tête !
Il est curieux que personne ne se fasse la réflexion que le RSA est le syndrome de l’aberration complète de la politique sociale française. Il s’agit tout de même de dépenser des milliards d’euros supplémentaires d’argent public pour permettre aux personnes assistés de gagner plus en travaillant qu’en étant assisté… Cherchez l’erreur !
La charrue avant les bœufs.
On comprend bien qu’il y a aujourd’hui plus d’intérêt financier pour certains à être assisté sans travailler, qu’à travailler pour gagner sa vie. Le cumul des minima sociaux (que certains veulent perpétuellement augmenter), et les effets de seuil, qui accompagnent cet état « d’avantages » divers comme des APL (aides personnalisées au logement) élevés, la CMU (couverture médicale universelle), des aides variées et nombreuses, souvent différentes selon les politiques locales (bons d’achat, prime à la cuve, transports en commun gratuit, aides diverses en espèce ou en nature) font que travailler pour simplement gagner le SMIC voire un peu plus est moins avantageux que de continuer à … ne rien faire.
Aujourd’hui, hors des 40 départements qui testent le revenu de solidarité active, les RMIstes qui retrouvent du travail à temps plein touchent une prime de 1000 euros, pour « compenser » leur manque à gagner. Ce n’est pas suffisant pour « motiver » ces personnes, qui perdent des revenus. Le RSA leur permettra de cumuler les aides sociales avec leur salaire, jusqu’à un certain seuil, qui reste à déterminer.
Bref, on construit une usine à gaz onéreuse supplémentaire, pour « encourager » certains à retravailler ! Sincèrement, n’importe quel enfant de 6 ans comprend que cela s’appelle marcher sur la tête. La société française est hautement droguée à l’assistanat.
Le bons sens voudrait que pour rendre le travail plus attractif que l’assistanat, on réduise simplement l’assistanat. Cette idée simple, qui n’est pas simpliste, semble pourtant plus logique, et aussi beaucoup moins coûteuse. C’est sans doute ces deux tares qui l’empêchent d’être mise en œuvre.
La générosité fait une politique désastreuse.
Ces effets de la démagogie « généreuse » qui veut qu’aucune politique ne peut être populaire si elle n’est pas emprunte de « générosité » sont invraisemblables. Notre pays crève à petit feu (les petits feux font les longs incendies) de l’accumulation de ces politiques démagogiques délirantes qui consistent à barder chacun de ceux qui ont du mal à contribuer à l’effort collectif de la société de bouées de sauvetage finalement tellement confortables (dire le contraire, c’est nier le besoin du RSA), qu’on ne peut plus s’en passer, et que même le retour (ou l’arrivée) au travail ne présente plus aucun intérêt. Quel scandale de bêtise, de gabegie, de démagogie pleurnicharde !
Je le dis sans provocation : la CMU et le RMI sont des erreurs fondamentales, qui doivent disparaître rapidement. Les effets positifs seront immédiats : moins, beaucoup moins de ponctions sociales, et donc moins de déficit, et plus de pouvoir d’achat (pour ceux qui travaillent, c’est tout de même assez sain comme principe), et une vraie motivation pour trouver du travail, pour ceux qui n’en ont pas. C’est simple, propre, logique, bon marché et efficace. Mais ce n’est pas « généreux » !
Politiquement incorrect.
Lorsque Nicolas Sarkozy propose de détourner une part de la prime pour l’emploi afin de financer le RSA, les bonnes âmes crient au scandale ! Pourquoi ? Parce que pour une fois on ne va pas ajouter une couche d’assistanat sur une tartine déjà pleine !
Je suis aussi contre le détournement de la PPE au profit du RSA. Je suis contre la PPE, cet impôt positif grotesque, et opposé au RSA. Je suis pour faire un ménage drastique de toutes les politiques sociales de type RMI ou CMU, au profit d’une augmentation réelle des retraites minimales. Les gens qui ont travaillé dur leur vie durant (et ceux qui ont travaillé dans les années 30 à 70 en font partie) méritent un sort meilleur à l’âge de la retraite. Les autres doivent se poser la question de savoir pourquoi ils sont absents du marché du travail, qui laisse tout de même 500 000 emplois sans preneurs.
Je suis politiquement incorrect, et fier de l’être. Et sincèrement, je pense que je vais quitter ce pays qui entraîne vers le fond toutes ses générations par démagogie, par aveuglement, par lâcheté des politiques mises en œuvre. Cela ne me réjouit nullement, mais je n’ai pas envie de boire le dernier bouillon, après avoir servi tant de soupes chaudes sur mes maigres revenus largement ponctionnés….
22:13 Publié dans Actualité , Débat 2008 , Humeur , Hypocrisie politique , politique 2008 , Réformes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, sarkozy, royal, démocratie, débats, actualité
Ecrire un commentaire
NB : Les commentaires de ce blog sont modérés.

