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28 décembre 2006

La politique et la semaine de bonté.

Les candidats font assaut de bonnes paroles sur la pauvreté. C'est le marronnier par excellence, en cette "semaine de bonté", à l'actulaité nationale et internationale d'un calme presque absolu qui permet à une presse bien pensante de décliner à l'envie les clichés qui vont abrutir un peu plus l'électeur plein de bonne volonté.

Focus sur les SDF, reportages sur les pauvres, palinodies des clowns animateurs des "enfants de Don Quichotte" et autres campeurs d'un soir sur les bords du canal Saint-Martin qui commencent à 14 heures une grève de la faim pour l'interrompre le lendemain matin, après une bonne heure d'affichage médiatique toutes chaînes confondues, sondages "effrayants" où la moitié des français annonce craindre de finir dans le caniveau, c'est bien le triomphe de la pensée unique, dégoulinante de bons sentiments, écoeurante de facilité, qui place tout sur l'émotion, et presque rien sur la raison !


Bobologie. 

Triomphe de la philosophie bobo, qui consiste pour nos beaux esprits, au premier chef desquels des cohortes de journalistes sans doute étonnés de l'importance que le système auquel ils participent donne (souvent, pas toujours, heureusement) à tant de médiocrité autant de succès, à apaiser les scrupules et calmer la mauvaise conscience,  que les moins mal équipés intellectuellement subodorent tout de même un peu chez eux ! mauvaise conscience qui vient aussi se percher sur un "pouvoir" démuni de contre pouvoir.

Silence, on veut être bon, éteindre le paupérisme (on l'a déjà entendu quelque part, celle là!), éliminer les mauvaises maladies, lutter contre l'injustice, bref que tout le monde soit beau, joli, gentil, riche et bon !

Qui est contre ce programme ? Qui osera s'opposer à ce coulis de guimauve ? Qui paiera ces mesures en attente, dont on pressent intimement qu'elles sont au fond des choses "injustes" pour tous ceux qui travaillent durement, qui payent leurs impôts et qui au bout du compte font rugir une chaudière nationale qui peine à les récompenser de leurs efforts, alors que ceux qui n'en font aucun voient pleuvoir sur eux des "droits" nouveaux contrebalancés par aucun devoir ?

Serai-je le seul à penser ainsi ? Cette opinion, dont on pouvait penser qu'elle était représentée par Nicolas Sarkozy et sa salutaire volonté de rupture avec toutes les politiques qui ont échoué depuis 25 ans est-elle si minoritaire en France, pour que le candidat de l'UMP l'abandonne dans la dernière ligne de l'élection présidentielle, au risque de dégoûter le socle de ses supporters ?

Je ne pense pas que les sondages de janvier seront favorables aux partisans déclarés de cette "politique de bonté" qui finira par visser le couvercle de notre cerceuil. Si ce n'est pas le cas, c'est que les français sont encore mûrs pour une cure supplémentaire (mais définitive, celle-là, on coulera avec) d'assistanat de 5 ans! Ce serait terrible, mais tellement français : il nous faut presque toujours toucher le fond pour nous désillusionner....

13:45 Publié dans Actualité , Débat 2008 , Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, démocratie

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Commentaires

J'ignore si j'aurai assez d'espace pour m'exprimer. Je m'étonne qu'on parle ici de la "Semaine de la Bonté", association 1901 dont je suis la secrétaire. Association dont la présence discrète mais efficace n'intéresse plus beaucoup de monde. Mais suffisamment pour qu'elle persiste sans démagogie à aider d'aucuns (d'aucuns) à émerger de situations dont je ne peux parler ici. La pauvreté, c'est sale, c'est glauque, ça fait peur et ça bouffe la bonne conscience des gens. C'est aussi désagréable, répugnant que les descriptions de Zola en son temps (vues par des gens assis- rassis). Et l'antienne liée à la paresse, au manque de dignité retrouve sa place, sa "juste place" n'est-ce pas ? Je vous conseille de lire François Bon sur "Daewoo" ou d'habiter la campagne quand plus aucun moyen de transport ne dessert la ville aux heures où l'on doit "pointer". Je vous conseille de vous informer sur les prix des obsèques quand on est smicard et qu'on vient de perdre un membre de sa famille.
J'arrête-là. Je ne suis ni catholique, ni pétrie de bonnes intentions, ni d'une folle générosité. Je vis dans ce monde-là, peut-être le même que le vôtre, nous n'avons pas le même regard, c'est tout.

Ecrit par : Dominique Miot | 10 mars 2007

Madame, je n'ai rien contre votre vénérable et très respectable association que je connais d'ailleurs. Je savais donc que "la semaine de bonté" se rapportait aussi à une bonne oeuvre militante, et pas seulement à cette époque de l'année où vous récoltiez jadis des fonds à l'approche du nouvel an. Vous avez raison de dire qu'il s'agit "d'une affaire de regard". Mais je ne suis pas certain d'être le plus malvoyant, hélas, ni ne veux apparaître comme le "boucher" sans coeur de service, bien entendu. Peut-on associer générosité et clairvoyance dans les diagnostics des misères individuelles ? C'est la seule solution - trouver le bon diagnostic pour chacun - pour pouvoir trouver la bonne thérapie. Et la part de la responsabilité individuelle est lourde, le plus souvent (mais pas toujours évidemment). Ne pas le dire c'est garantir d'appliquer un cataplasme sur une jambe de bois. Voilà simplement le fond de mon propos.

Ecrit par : Svecan | 22 avril 2007

Sans doute me suis-je mal exprimée : dans mon cas, être secrétaire de la Semaine de la Bonté, c'est en être l'employée et donc ne parler qu'en mon nom. Mais c'est aussi être de ceux qui "font rugir une chaudière nationale qui peine..." en étant convaincue que cela a un sens. Je ne participe pas au "diagnostic" et vous précise qu'en ce qui concerne l'association, l'expression "oeuvre militante" me semble peu appropriée. Deux choses m'ont fait réagir : la première, c'est que la Semaine de la Bonté, effectivement vénérable (80 ans cette année), serve, une fois de plus, à introduire et induire une forme de mécontentement. La seconde (et je ne vous considère pas comme un "boucher sans coeur") est qu'il me semble impossible d'opposer dans une sorte de manichéisme, ceux qui vivent des revenus de leur travail et ceux qui n'ont pas d'emploi ou si peu. Il y a une réalité économique, un nombre (certain) de chômeurs et des situations sociales dont ceux qui les vivent ne sont pas responsables. C'est ce que je voulais vous dire.

Ecrit par : Mme Dominique Miot | 19 mai 2007

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